jeudi 21 septembre 2017
Athletisme
 
Failliot Pierre.,.
Failliot Pierre (25-12-1889/31-12-1935) FRA.

Recordman de France des 200 m (22'8), 300 m (36'4, record du monde en 1908), 400 m (49') pendant 20 ans, 500 m (1'6'8).

13 fois champion de France sur 100 m, 200 m, 400 m et 400 m haies entre 1908 et 1912.

Médaillé d'argent du 4 x 400 m aux J.O. de 1912. En rugby (surnommé l'Autobus') : finaliste du championnat de France en 1912 avec le RCF, 8 sélections, 8 essais.

Également excellent pelotari et président de la F.F. de Pelote Basque. Le 400 mètres demeurait la seule course où aucun Français n'était  parvenu en finale Olympique avant Djhone en 2008.

Pourtant un athlète disparu il y a presque soixante ans, aurait pu,s'il l'avait voulu, y jouer un rôle capital, tant son potentiel était exceptionnel.: Pierre Failliot .

Né à Paris le 25 février 1889, il découvre le sport en 1906 par le rugby au lycée Janson de Sailly et au Stade Français, mais signe rapidement au Racing où il peut jouer en équipe première dès le mois de février 1907.

Le 28 avril il débute en Athlétisme par des courses à handicap sur 100m et 500m, puis il lance le poids (10m92), saute à la perche (2m90) et en longueur sans élan (3m12). Le 19 mai pour la rencontre Racing contre South London Harriers (SLH) il est battu sur 400m par les Anglais George (51"1/5) et Densham, son temps peut être estimé à 52"5 . Le 2 juin pour le Prix Blanchet, Belin du Coteau (51"2/5), champion et recordman de France le devance de peu. Le 6 juin à Janson, il réussit 2'04"2/5 au 800m. Le 27 juin, il fait mieux en 2'03".

Enfin le 30, il participe aux Championnats de France, et dans la même après-midi, gagne sa série du 400 en 53", termine 2è en finale à une poitrine de Bélin du Coteau (51"2/5), puis s'incline de 2m en finale du 800, face à Pouillot (2'03"2). Pas mal pour un junior 1 !En 1908, une fois la saison de rugby terminée il retrouve les pistes, le 3 mai il fait 1'07"2/5 au 500m, c'est le meilleur temps français, le 10, c'est un 600m en 1'23", le 14, il fait un essai sur 400 haies, c'est 59"2/5, enfin le 17, sur 400m en 50"0 il égale le record de France, mais à l'époque on n'homologue pas les records égalés.

Le 24 il fait 50"3/5. Le 31 a lieu le traditionnel Prix Blanchet sur la piste en herbe de 500m du Racing à la Croix-Catelan. Ce jour là plutôt que de se disperser, il demande à son coéquipier Poulenard,qui lui a bien résisté le 17, de l'aider à battre le record et lui offre même une bouteille de Champagne en cas de réussite. Poulenard prend un départ à toute allure, Failliot dans sa foulée, car à cette époque le 400 se courre en ligne, il le passe avant le virage, à l'entrée dans la ligne droite Poulenard est déjà à 10m, Failliot est tout seul et se rue vers l'arrivée, Poulenard et les autres sont à près de 25m.

Le temps est sensationnel : 49"0. Le record est battu d'une seconde. Mais personne à l'époque, ni aujourd'hui encore, ne mesure la valeur de cette performance. Failliot a fait mieux que Maxey Long, champion Olympique en 1900 sur la même piste (49"2/5) et Long a du se battre pour faire ce temps..

C'est aussi une meilleure performance mondiale pour un junior, c'est enfin le 4è temps mondial de l'année. Le 7 juin, c'est le record du 300m (36"2/5), le 21, c'est un 400 en 51", le 28, il fait 23"1/5 au 200, 2'08"3/5 au 800m steeple (') et lance le javelot, engin non pratiqué en France à l'époque. Le 5 juillet pour les championnats de France, sur le terrain du Stade Français à Saint-Cloud, au cours de la même après-midi, il remporte successivement, série et finale du 100m (11"3/5), série et finale du 200m (22"4/5) nouveau record de France, série et finale du 400m (51"2/5) devançant Malfait de 5m. Quelle santé ! et, c'est un exploit qui n'a pas été renouvelé à ce jour.

Quelques jours plus tard ont lieu à Londres les 4è Jeux Olympiques, où Failliot est hélas! absent. On n'en connaît pas la raison. Était-ce un empêchement, ou bien Pierre Failliot qui était un modeste, à qui ses victoires parisiennes suffisaient, n'aimait pas les voyages.

Pourtant quelques jours plus tard, le 1er août, il va se rendre à Londres avec le Racing pour rencontrer les SLH. La réunion a lieu sur la piste même qui a servit de cadre aux J.O. celle du stadium de l'Exposition Franco-Britannique.

La rencontre débute par le 100 yards où Failliot s'incline d'un souffle face à Reed (10"1/5), sprinter Britannique n°2. Puis c'est le quart de mile, Failliot y affronte Montague, autre n°2, demi finaliste Olympique (49"6).et champion Anglais en 1907.

Gênés par la vent dans la ligne opposée, c'est un départ prudent, Failliot suit Montague, et le règle facilement dans la ligne droite de 3m (50"1/5). Le mois suivant Montague réussira un chrono de grande valeur sur 600 yards (548m) égalant en 1'11" le meilleur temps mondial sur la distance.

En fin de saison, Pierre Failliot qui est déjà le meilleur français sur 100-200-400, va s'attaquer au record du 800 (1'59"0), le 11 octobre, il fait 2'01"1/5, le 25, il fait 2'00"1/5, le 1 novembre il bat le record du 500m en 1'06"4/5 enfin il réussit ou presque, dans sa tentative, le 8 à la Croix-Catelan, avec 1'59"0, mais le record n'est qu'égalé, et aussi 1'59"3/5 au demi-mile, temps qui suggère qu'il était plutôt à 1'58"8 1909 va ressembler un peu à 1908; une fois la saison de rugby terminée il se tourne vers l'athlétisme, participant chaque fois à plusieurs épreuves, et réussit ainsi au cours du printemps 6m54 en longueur, 11m01 au poids et 37m42 au disque, performances qui le place dans les meilleurs français de la spécialité.

Le 23 mai pour le Blanchet, talonné par Ragueneau il descend une deuxième fois sous les 50" (49"2/5), le 1er juin, il fait 50" et une performance du même ordre dans un relais 4x4, le 13 il est champion de Paris du 100m (11") et du 400m haies (57"4/5), le 27 à Colombes sur la piste de 500m du journal "Le Matin" qui vient d'être refaite, il est champion de France du 100m (11"4/5) du 400m (51"1/5) et du 400m haies en 57"1/5 temps qui égale le record de France, le 4 juillet, il est à nouveau sous les 50" (49"3/5) enfin le 11, il est champion de France du 200m (23"0).

Pour souligner un peu plus l'éclectisme et le talent de Failliot, on signalera que cette même année 1909, il sera encore (fin juin) champion interscolaire de tennis en simple et en double (avec Gobert, futur champion Olympique) et vainqueur en double du tournoi de Puteaux. C'est en quelque sorte la fin de la première partie de sa carrière sportive. En fait il ne retrouvera plus sur le plan athlétique sa forme des années 1908-09 .

Pierre Failliot qui est un bel athlète de 1m81 pour 88 kg est aussi une "grosse tête" car il vient de réussir le concours d'entrée à "Centrale" dont il sera diplômé en 1913. Entre temps il doit faire ses classes dans l'artillerie (normal pour un matheux) à Orléans puis à Remiremont, où en 1911 il épousera l' héritière des papeteries d'Arches, dans les Vosges.

Dans le même temps il est l'auteur (avec de Fleurac) d'un remarquable ouvrage de plus de 300 pages "Les Courses à Pied et les Concours Athlétiques" qui parait en 1911, et en 1913 d'une brochure de moindre ambition "La Course à Pied - Athlétisme! Sachez respirer ..." On le verra peu sur les pistes en 1910, il réussit 6m72 en longueur, 60" au 400m haies et s'incline de 6m sur 200m le 23 octobre face à l'italien Giongo (23"0).

A partir de là, c'est surtout en rugby (ailier) qu'on va le remarquer, puisqu'il obtiendra pas moins de 8 capes internationales entre janvier 1911 et février 1913, notamment la première le 2 janvier 1911 à Colombes, où il sera le principal artisan de la première victoire française face aux Britanniques, ici contre l'Écosse. Le 31 mars 1912 à Toulouse, il sera aussi champion de France avec le Racing face au Stade Toulousain. Il y a à ses côtés Géo André.

En 1911, on le revoit plus souvent sur les pistes. Le 4 juin en relais 4x4, il remonte 15m au britannique Reed du SLH et lui prend 5m, le 18 juin il est champion de France du 100m (11"2/5) et du 400m (50"3/5), enfin le 9 juillet c'est le titre du 200m (22"3/5).

A noter qu'il demeure invaincu en France depuis les championnats de 1907.

En 1912, ce sont les Jeux Olympiques, mais curieusement c'est plutôt au pentathlon et au décathlon qu'on pense pour lui. Aux championnats de France le 16 juin, il remporte le 200m (23"3/5) et le Javelot (44m89), enfin le 30, il remporte le titre d'Athlétisme général, sorte de décathlon à la française, en fait octathlon car il n'y a que 8 épreuves.

Sur 400m, il faut admettre qu'il n'est plus le meilleur : il a gagné une série en 52"2/5 et n' a pas participé à la finale. A l'évidence Lelong, le nouveau champion, lui est supérieur, et peut-être aussi Schurrer et Poulenard . A Stockholm, c'est en fait sa première et unique sélection en équipe de France, preuve évidente que le nombre de sélections n'est pas un critère de valeur, à cette époque ! Là, il va participer successivement, au pentathlon, où il ne figurera pas, au relais 4x100, où la France battue en série ne sera pas qualifiée, au décathlon, où il sera éliminé après trois épreuves, et enfin au 4x400 dont il est le troisième relayeur.

La France gagne sa série (3'22"5) et se qualifie pour la finale. Là, grâce à un remarquable premier parcours de Lelong (environ 49"), notre équipe,certes derrière les Etats-Unis, distance la Grande-Bretagne, et Schurrer puis Failliot et enfin Poulenard conserveront la deuxième place, assurant aux quatre relayeurs une médaille d'argent.

1913 sera sa dernière année de compétition, celle aussi où il termine ses études.

Il fait surtout des concours, 12m63 au poids et 22m94 à deux mains, 1m70 en hauteur et 42m90 au javelot. Sa dernière compétition est le Prix Ravaut en octobre sur 200m qu'il remporte en 23"2/5. Son record de France du 400m (49"0) restera debout jusqu'en 1928, date à laquelle il sera amélioré par Féger (48"4/5) sur une piste en cendrée, celle de Colombes. En 1914, le sous-lieutenant Pierre Failliot est mobilisé dans l'artillerie.

Il terminera la guerre avec le grade de capitaine et ne nombreuses décorations et citations (légion d'honneur, croix de guerre, etc.). Sans abandonner le sport, il va cependant se consacrer à l'industrie papetière d'abord à Arches, puis à Paris.

C'est alors la pelote basque à laquelle il s'intéresse devenant même président du comité de Paris. Pierre Failliot meurt brusquement le 31 décembre 1935 à Paris, il avait 46 ans. Selon ses veux il est enterré quelques jours plus tard à Arches dans les Vosges. Pierre Failliot , on le voit avait tous les dons.

Si son palmarès s'orne d'une médaille d'argent Olympique, partagée, on peut se poser la question de savoir ce qu'il aurait pu faire aux Jeux de 1908., s'il avait été présent. A vrai dire, aucun historien jusqu'ici, ne s'est interrogé à ce sujet, faute sans doute d'une véritable documentation. Pour moi, il avait toutes les aptitudes pour faire un champion Olympique à part entière.

On objectera que le vainqueur de 1908, Halswelle, qui fut tué en France en 1915, avait réussi 48"4y et 48"4 en 1908 et 48"8y et 49"0y en 1906. Mais on dit que Failliot aurait réussi lors d'un entraînement 48"1/5. En fait, il ignorait ses véritables possibilités, gagnant toutes ses courses en France avec la plus grande facilité, s'entraînant peu.

Pour revenir aux J.O. de 1908, il est certain que la piste de 536m était plus favorable que celle du Racing, d'ailleurs Malfait gagna sa série en 50", temps qu'il n'avait jamais fait en France. Évoquons rapidement ce 400m de Londres : il y a d'abord 16 séries composées sur le papier, qualifiant seulement le premier pour quatre demi-finales, qualifiant elles-mêmes les 4 vainqueurs pour la finale. On sait que trois Américains se retrouvèrent face à un seul Britannique. Ce qu'on n'a jamais vraiment dit c'est que les officiels anglais avaient été prévenus que les deux Américains blancs tenteraient de gêner Halswelle. D'où les mises en garde faites au départ et l'intervention des juges à l'arrivée avant la fin même de la course (une photo en témoigne). Failliot présent à Londres, les Américains qui n'auraient plus été à trois contre un, car on peut penser qu'il ne serait pas tombé en demi-finale. sur Halswalle. La finale aurait été une autre histoire, bien sûr....Pour terminer, on peut rappeler que nombreux sont les champions qui en finale Olympique se sont transcendés réussissant ce dont on ne les aurait jamais crus capables, s'ils en avaient été absents (ainsi Liddell, Barbutti, Carr, Wint, Otis Davis , Kaufmann, ou encore Evans, Markine ou Steve Lewis , etc) et qui souvent n'ont jamais réédité un tel exploit, alors pourquoi ne pas imaginer que Failliot avait précisément tout, physique et mental, pour cet réaliser exploit ... Ancien Président de la Fédération Française  de Pelote Basque

Carrière Rugbystique
Numéro d'international : 66
Date de première sélection : 02/01/1911 contre Ecosse
8 sélections - 5 essais
Club : Racing Club de France
Poste habituel : Ailier Gauche
Commentaire : Surnom : L'Autobus

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Tags : Failliot Pierre, Athletisme
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